Plus de 700 produits américains sont maintenant visés par de nouveaux contre-tarifs canadiens, dans une guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis qui continue de s’intensifier depuis la fin août. Mais concrètement, qu’est-ce que ça change pour les entreprises et les citoyens de la Rive-Sud? Dans ce nouvel épisode de Gravité INFO le balado, Audrey Leduc-Brodeur et Valérie Lessard reçoivent Pierre Cléroux, vice-président et économiste en chef de la Banque de développement du Canada (BDC), pour démêler le vrai du faux sur les tarifs douaniers.

D’entrée de jeu, Pierre Cléroux explique que la nouvelle vague de tarifs américains touche plus de 100 secteurs et 500 produits, du bois d’oeuvre au miel en passant par les bâtons de hockey, un contraste marqué avec les mesures ciblées de l’an dernier. En Montérégie, région frontalière et riche en entreprises manufacturières, l’impact se fait particulièrement sentir, bien que les consommateurs canadiens ne soient pas directement touchés par les tarifs américains eux-mêmes : ce sont les acheteurs aux États-Unis qui paient la note, ce qui pousse plutôt certains d’entre eux à se tourner vers d’autres fournisseurs.

L’économiste revient aussi sur la stratégie des contre-tarifs canadiens, en vigueur depuis le 8 septembre, et sur la ligne fine que le Canada doit tracer pour faire pression sur les États-Unis sans mettre en péril des secteurs stratégiques comme le pétrole et l’électricité. Comme il le résume :


« On ne veut pas réveiller l’ours qui sommeille de l’autre côté de la frontière. »


L’entrevue aborde aussi la dépendance mutuelle entre les deux économies, la valeur de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique, et l’importance de diversifier les marchés d’exportation, sans pour autant tourner le dos à notre plus proche voisin. Pierre Cléroux insiste également sur le pouvoir du portefeuille des consommateurs : un choix d’achat local, même modeste, peut générer des retombées de plusieurs milliards de dollars pour l’économie québécoise.

Malgré l’incertitude ambiante, le constat de l’économiste demeure résolument optimiste : les fondamentaux de l’économie canadienne restent solides, le taux de chômage est bas, l’inflation est sous contrôle et une récession n’est pas à l’horizon, ni cette année ni en 2027. Les tarifs représentent environ 5 % des exportations canadiennes : un frein réel pour certains secteurs et certaines régions, mais pas de quoi faire dérailler l’ensemble de l’économie.

Un épisode essentiel pour comprendre ce qui se cache derrière les manchettes sur les tarifs, et ce que ça signifie vraiment pour les entreprises et les ménages de la Montérégie.