Diane Bibaud, l’organiste des Canadiens : 35 ans de passion, de pression et de bleu-blanc-rouge

Elle joue avant même que les joueurs mettent les patins. Elle suit chaque mise en jeu, chaque pénalité, chaque but en temps réel — et elle doit traduire tout ça en musique, en direct, devant plus de 21 000 personnes. Diane Bibaud, organiste officielle des Canadiens de Montréal depuis 1987, était l’invitée de cet épisode de Ceci n’est pas une revue de presse.

Diplômée en piano classique de l’Université McGill, Diane avait huit ans et demi quand elle a annoncé à ses parents qu’elle jouerait un jour « dans la télé ». Elle s’est présentée au bureau du Canadien avec la carte de visite d’Yvon Lambert, a passé une audition, a joué deux ans pour les Alouettes au Stade olympique pour se bâtir un CV… et a décroché le poste. Le reste appartient à l’histoire du sport à Montréal.

Audrey et Valérie lui ont demandé comment elle prépare chaque match — un répertoire de 400 chansons par soirée, une oreillette, un œil rivé sur la glace, une collègue qui note les bonnes tounes selon le tempo du jeu. Le moment le plus stressant? Pas le but en prolongation. C’est l’hymne national.


« Les chanteurs ne chantent jamais à la même vitesse. Ça dépend de leur état d’âme. Moi, je leur dis : tu ne m’écoutes pas. Moi, je suis ton souffle. »


Diane a aussi raconté ses deux mises à pied — en 1992 et en 2002 — quand le Canadien a tenté de remplacer l’orgue par un DJ. Elle vivait ça comme une peine d’amour. À chaque fois qu’elle passait devant le Centre Bell, elle se disait : c’est ma place, je vais revenir. Et elle est revenue. Deux fois.

En parallèle de sa carrière au Centre Bell, Diane tient depuis 39 ans Dianorgues La Rock Shoppe une boutique de musique sur la Rive-Sud. Une femme d’affaires, une musicienne, une figure de communauté — qui n’a qu’un mot à dire sur la retraite : ce n’est pas pour demain.

L’épisode couvre aussi plusieurs sujets d’actualité locale : les incendies de champs répétés en Montérégie (Longueuil, Saint-Hubert, Valleyfield), un incident filmé dans un autobus Exo au terminus Angrignon qui soulève bien des questions. La hausse de la violence envers les enseignants dans le Centre de services scolaire des Grandes Seigneuries, et une série de vols par effraction dans des Tim Hortons de la région.