Le gouvernement du Canada a lancé le 23 juin l’appel d’offres pour démanteler le Kathryn Spirit incrusté depuis 2011 dans le lac Saint-Louis à Beauharnois.
Les intéressés ont jusqu’au 8 août pour déposer leur proposition, selon l’avis publié sur le site internet des Travaux publics et services gouvernementaux Canada.
Visite de l’épave
Cependant, une visite de l’épave est prévue le mercredi 12 juillet. Le gouvernement recommande aux entreprises ayant l’intention de soumissionner d’y participer. Il leur appartiendra de faire leur propre évaluation et de «déterminer la meilleure méthode à utiliser pour réaliser, de façon sécuritaire, le démantèlement et l’aliénation du N/M Kathryn Spirit et le retrait du remblai temporaire qui supporte, protège et confine le navire», informe l’avis.
Polluants à bord
Le gouvernement souligne que le mandat comporte des enjeux de santé et sécurité du public ainsi que de protection de l’environnement. Malgré un pompage préventif effectué par la Garde côtière, des polluants subsistent dans le navire et se mêlent à l’eau qui s’y infiltre, informe-t-il. De l’amiante, des BPC, des produits chimiques de nettoyage, des huiles et des graisses sont présents dans différentes parties du bateau. Du plomb, du mercure et du CO2 comprimé sont «probablement présents» et «possiblement» des matériaux radioactifs, selon l’avis.
L’entrepreneur devra retirer les matières dangereuses et en disposer en respectant la règlementation en vigueur.
Le mandat est de remettre le site dans l’état où il se trouvait avant l’arrivée du bateau.
Automne 2019
Les travaux devront être complétés avant le 31 octobre 2019. Initialement, le gouvernement fédéral, qui assume le coût du démantèlement, l’avait annoncé pour le printemps 2017. Le maire de Beauharnois Claude Haineault et la députée fédérale dans Salaberry-Suroît Anne Minh-Thu Quach ont réagi en dénonçant le délai. Ils reprochent au gouvernement son «manque de transparence».
Rappel des faits
Le Groupe St-Pierre a amené le Kathryn Spirit à ses installations à Beauharnois en septembre 2011 pour le défaire et vendre le métal. Faute d’obtenir le feu vert de la province de Québec et de la Ville de Beauharnois, il a vendu le navire à une entreprise mexicaine qui devait le remorquer à l’étranger. L’entreprise n’a pu obtenir les autorisations nécessaires au déplacement et a finalement abandonné le navire. Le maire Haineault et la députée Anne Minh-Thu Quach ont maintes fois réclamé des actions du gouvernement en invoquant des risques pour l’environnement. Ottawa a annoncé en novembre 2016 qu’il se chargerait de faire disparaître le bateau du décor à ses frais.
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