Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ne déposera pas d’accusation envers la policière qui a été impliquée dans un accident qui a fait un mort et une blessée grave le 26 novembre 2025 à Sainte-Martine.

Selon la preuve présentée, la conduite de la policière impliquée dans l’intervention ne constituait pas une conduite dangereuse au sens du droit criminel.

«L’intervention était légale, puisqu’elle concernait un homme qui avait tenu des propos inquiétants laissant croire à la présence d’un danger grave pour sa vie, laisse entendre le DPCP après examen du rapport produit par le Bureau des enquêtes indépendantes. Il avait notamment indiqué que son véhicule allait être lourdement endommagé, ce qui suggérait également un danger grave pour la sécurité ou la vie des usagers de la route.»

La conduite adoptée par la policière ne peut pas être qualifiée de dangereuse, souligne le DPCP. Elle a déclenché la poursuite après un échec des négociations avec le conducteur.

«Pendant l’intervention, la policière a informé un sergent sur les ondes radio du déroulement de celle-ci, peut-on lire. De plus, l’adaptation de la conduite tout au long de l’intervention, l’utilisation des gyrophares et de la sirène ainsi que la décision de ralentir dès que la poursuite est considérée comme devenant dangereuse pour la sécurité d’autrui correspond au comportement d’un policier raisonnablement prudent.»

Un article du Code de la sécurité routière lui permettait également d’excéder la limite de vitesse autorisée en raison des risques exposés par la conduite de l’homme.

Il a aussi été démontré que les blessures subies par la femme et le décès de l’homme ont été causées par la conduite de celui-ci.

Il circulait alors à une vitesse excessive, en plus d’effectuer des dépassements avec les phares éteints. Son véhicule a alors bifurqué dans une voie en sens inverse.

Rappels des faits

Le 26 novembre dernier, à 13h43, un appel a été logé au service 911 pour indiquer qu’un homme avait tenu des propos qui feraient craindre pour sa sécurité.

Les policiers ont localisé l’individu à Sainte-Martine et une policière a même tenté une discussion avec lui, sans succès au téléphone.

À 16h38, l’homme a été aperçu dans son véhicule dans un quartier résidentiel. Il a fui et, après que la policière ait actionné sa sirène et son gyrophare, il a accéléré jusqu’à 70 km/h.

Trois minutes plus tard, la collision survenait. Selon l’expertise mécanique, le fuyard circulait alors à 120 km/h tandis que la patrouilleuse observait une vitesse qui oscillait entre 50 km/h et 80 km/h selon des témoins.

Les policiers ont pu extirper la femme de l’habitacle de son véhicule qui a pris feu pour la diriger au centre hospitalier pour soigner des blessures jugées graves.

Quant à l’homme, les secouristes n’ont pas été en mesure de le dégager de la voiture en raison de l’état de celle-ci et de la force des flammes dégagées par l’autre véhicule. Son décès a été constaté sur place.