La dame de la SPCA a été formelle : vous ne pouvez pas adopter ce chien si vous avez de jeunes enfants parce qu’il est possessif avec la nourriture.
Je l’ai assurée que je remplissais pleinement cette condition. Le chien en question vit avec nous depuis près d’un an sous le nom de Banffy. Si je laisse Banffy avec deux os et une fillette de sept dans la même pièce et que l’animal défigure la gamine, qui faudra-t-il punir ? Les deux os ? La fillette ? Le maître ? Tous les Huskies de la province ?
Actuellement, dans le dossier Pitbull, plusieurs prônent la dernière option. Pourtant, dans toutes les histoires sur le sujet que j’ai lues ces derniers temps, les humains étaient en faute.
À mon humble avis, beaucoup d’attaques de chiens résultent de l’insouciance des maitres et d’une méconnaissance de la psychologie canine. On a beaucoup tendance à penser que les chiens réagissent et perçoivent le monde comme des humains. Ce n’est pas du tout le cas.
Un adolescent de la région, Joël Lacoste-Therrien, a lancé récemment une pétition pour réclamer des cours «utiles à la vie d’un citoyen» au secondaire. C’est une excellente idée et un volet «La vie dans la peau d’un chien» serait indiqué.
Bannir les pitbulls pour éliminer leurs morsures, c’est une solution facile. Et injuste. J’ai toujours été contre l’idée de blâmer tout un groupe sur la base de quelques éléments. C’est contraire aux principes fondamentaux de notre système de justice. Lequel accorde aux individus le droit à la présomption d’innocence. Les pitbulls membres de familles partout au Québec ont droit à cette présomption. Avant décembre 2015, je n’aurais pas pu écrire cela. Aux yeux de la loi, les animaux étaient considérés comme des choses au Québec. A-t-on déjà oublié les modifications apportées à la fin de l’année au Code civil du Québec pour leur accorder le statut d’être vivant «doué de sensibilité» ?
Pour améliorer la sécurité des relations entre humains et chiens il faut miser sur l’éducation comme c’est le cas concernant d’autres menaces pas mal plus meurtrières que les pitous.
Durant les 12 mois de l’année 1973, un engin a tué 2200 personnes au Québec. Avec l’éducation, des lois sur la sécurité routière et la force policière, le bilan s’est grandement amélioré. De 2200, le nombre de décès sur les routes du Québec a chuté autour de 400 ces dernières années. Réalisez que c’est encore énorme par rapport aux pitbulls et qu’aucun élu ne parle de bannir les autos de ses rues.
