Le ministre fédéral des Transports Marc Garneau a annoncé, jeudi, l’octroi d’un contrat de 7,9 M $ au Groupe St-Pierre pour construire un batardeau qui isolera l’épave du Kathryn Spirit de l’eau du lac Saint-Louis.

Les travaux seront effectués en décembre. Il s’agit d’un premier pas en vue du démantèlement du navire, a fait part le ministre lors d’une conférence de presse au bord de l’eau où trempe le cargo depuis 2011 à Beauharnois.

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Avant d’être taillé en pièces et retiré du lac, le Kathryn Spirit doit d’abord être sécurisé, a laissé entendre Julie Gascon, de la Garde côtière canadienne, présidente du comité de consultation multipartite initié il y a quelques semaines par le gouvernement pour trouver une solution au problème du Kathryn Spirit. Lequel est venu à la conclusion qu’il fallait le défaire sur place. Ce qui se fera aux frais du gouvernement fédéral.

«Les plans et le financement pour les prochaines étapes sont actuellement en cours de finalisation et les travaux devraient commencer au printemps 2017», a informé M. Garneau.

Il a fait valoir que le Groupe Saint-Pierre avait été retenu pour aménager le batardeau afin qu’il se concrétise rapidement. «Ils ont l’expertise et la capacité de le faire», a-t-il souligné.

Maire heureux

«Je n’ai pas de mots pour dire à quel point je suis heureux. Ça fait six ans qu’on se bat pour obtenir ce qu’on obtient-là», a réagi le maire Claude Haineault de Beauharnois. Il a dit souhaiter qu’en plus du navire une barge voisine auquel il est amarré disparaisse du décor. Un vœu que le fédéral ne serait pas en mesure de concrétiser.

Plan pour éviter une répétition

Le ministre Garneau a observé que le gouvernement du Canada avait adopté le 7 novembre le «Plan de protection des océans, qui comprend une stratégie exhaustive visant à remédier aux situations de navires abandonnés et négligés». Il est question, entre autres, d’interdire aux propriétaires d’abandonner leurs navires et de leur imposer des pénalités le cas échéant.

Les mesures envisagées ne satisfont pas la députée dans Salaberry-Suroît, Anne Minh-Thu Quach. «Le NPD a présenté un projet de loi avec plus de dents pour intervenir auprès des propriétaires de bateau. Il faut prendre des mesures pour que ça ne puisse plus arriver nulle part», a-t-elle commenté.

Rappel des faits

Le Groupe St-Pierre a amené le Kathryn Spirit à ses installations à Beauharnois en septembre 2011 pour le défaire et vendre le métal. Faute d’obtenir le feu vert de la province de Québec et de la Ville de Beauharnois, il a vendu le navire à une entreprise mexicaine qui devait le remorquer à l’étranger. L’entreprise n’a pu obtenir les autorisations nécessaires au déplacement et a finalement abandonné le navire. Le maire Haineault et la députée Quach ont maintes fois réclamé des actions du gouvernement en invoquant des risques pour l’environnement.

Le navire s’inclinant de plus en plus, la Garde côtière canadienne est intervenue à partir de juin 2016 pour le stabiliser, notamment à l’aide de câbles.