Refus de distribuer des accroche-portes pour aviser les citoyens de la fin d’un avis d’ébullition; refus concerté de travailler en après-midi le 26 novembre, le Tribunal administratif du travail a déclaré ces moyens de pression illégaux dans une décision rendue le 28 novembre et considère qu’il y a eu préjudice dans les services qui auraient dû être tenus ce jour-là.
La Ville de Châteauguay avait demandé au Tribunal d’intervenir puisqu’elle considérait que les cols bleus ont porté préjudice aux services «auquel le public a droit».
En matinée le 26 novembre, il est demandé à deux cols bleus du département des égouts et de l’aqueduc de distribuer des accroche-portes pour informer des citoyens de la fin d’un avis d’ébullition et de rouvrir la vanne d’eau sur la rue Melba. Les cols bleus refusent. Le syndicat dépose ensuite un grief alléguant qu’il s’agit d’une modification de leur tâche puisque celle-ci est toujours effectuée par des commissionnaires.
À la suite de ce refus, l’employeur a demandé à d’autres employés du département d’effectuer la tâche demandée, mais ceux-ci ont refusé également. À ce moment, la Ville a suspendu sept employés de leurs fonctions.
Une rencontre a suivi entre les deux parties, mais celle-ci a dégénéré rapidement, apprend-on dans la décision. À compter de 13 h, 40 des 52 employés syndiqués ont refusé de reprendre le boulot après leur pause.
«Pour le Tribunal, lorsque près de 77 % des cols bleus devant travailler ce jour-là décident en même temps de quitter leur poste, peu importe les raisons données, il s’agit clairement d’une action concertée», écrit le juge administratif François Bastien.
Ce dernier a qualifié de «peu crédible» les arguments du président du syndicat affirmant que «le refus de distribuer des accroche-portes était justifié par la préoccupation des salariés de savoir si des tests de l’eau avaient été effectués avant d’informer les citoyens de la levée de l’avis d’ébullition. Il s’agit d’une responsabilité qui ne leur incombe pas».
Travaux non réalisés le 26 novembre
La décision présente également une liste des travaux qui n’ont pas été réalisés le 26 novembre en raison du refus de travail concerté.
- Peinture des bandes de patinoire non faite
- – Déménagement au poste de police non fait
- – Déménagement de classeurs au génie non fait
- Travaux de voirie non effectués
- – Travaux sur la voie publique reportés
- – Colmatage de nids-de-poule non réalisé
- Finition d’égout au 8 Donald non complétée
- – Réparation du boîtier de service au 26 rue Gilmour non réalisée
- Drainage des bornes-fontaines (Ford, Bombardier, Bélanger) non fait
- Travaux arrêtés sur véhicules policiers
- – Travaux arrêtés sur camion du chef incendie
- – Saleuses et charrues non préparées
- – Machines à trottoirs non préparées
- – Side-by-side des loisirs immobilisé
- – Travaux de soudure non réalisés (grille Vactor)
- – Retard dans l’installation des pneus d’hiver
- Élagage, rehaussement de couronne et retrait de branches cassées non faits :
- • 172 Hamilton (3 arbres)
- • 8 Croissant Pine (1 arbre)
- Aucune équipe pour fermetures de rue et sécurisation de chantiers
- – Défenses de stationner non installées (rue Donald)
- – Changement du panneau d’arrêt non effectué (rue des Tulipes)
- – Balise non installée (pont de la Sauvagine) – Panneaux de remplacement non fabriqués
Dans sa décision, le Tribunal a ordonné au syndicat des cols bleus de fournir leur prestation de travail de manière normale et habituelle, de s’abstenir de recommander ou d’encourager tout arrêt ou ralentissement de travail et d’informer par écrit tous les membres du syndicat de la présente décision.
Dans un communiqué diffusé samedi, la Ville de Châteauguay affirme qu’en plus du refus de travail du 26 novembre, en matinée le 28 novembre «90 employés sur 104 ont refusé d’entrer travailler pour effectuer l’opération d’épandage nécessaire sur le territoire».
La Ville rappelle que le traditionnel Défilé illuminé de Noël est prévu ce soir sur le boulevard D’Anjou. « J’espère sincèrement que cet événement ne sera pas perturbé et que les employés municipaux permettront aux enfants de vivre ce moment avec la magie, la paix et la fierté qui lui reviennent », commente le maire Éric Allard.
Le Journal attend un retour du syndicat à ce sujet.
Relations tendues
L’action concertée du 26 novembre est survenue deux jours après que des cols bleus aient perturbé la séance du conseil municipal du 24 novembre en manifestant bruyamment à l’extérieur de l’immeuble.
Le syndicat des cols bleus devait faire la grève du 21 au 29 novembre, mais avait décidé de l’annuler pour poursuivre le processus de médiation. Leur convention collective est expirée depuis le 31 décembre 2023. La prochaine séance de médiation est prévue le 14 janvier 2026.


L’eau est un besoin vital et jouer avec la santé des citoyens payeurs de taxe est un manque de jugement et du sens des responsabilités.