Amateur de pêche, le Châteauguois Alex Hébert voyait souvent des gens «pêcher au métal» aux abords de la rivière Châteauguay. Voulant vivre une «chasse au trésor» pour le plaisir avec sa fille de 9 ans, il s’est procuré un détecteur de métal l’automne dernier. Lors de leur deuxième sortie, ils ont eu toute une surprise en découvrant une véritable pièce de monnaie datant de 1816 !

Alex Hébert s’était procuré un ensemble de détecteur de métal sur Amazon sans trop avoir d’attente. L’idée était de passer du bon temps avec sa fille. «Je suis allé deux fois, pendant 45 minutes après la job. Juste voir sa face quand on trouvait des choses, ça valait un million de dollars. J’avais toujours en tête que si je trouvais quelque chose de vraiment, vraiment vieux ce serait cool, mais jamais je n’aurais pensé que ce serait aussi vieux», raconte-t-il en entrevue.

Bas niveau de la rivière

Le Châteauguois relate qu’il avait participé à la promenade du Vieux Village organisé par la Maison LePailleur eu peu avant l’Halloween. Pendant cette activité, il avait appris que la Maison LePailleur avait été un des premiers magasins généraux dans la région. «La guide nous avait montré où les gens traversaient la rivière à l’époque», explique M. Hébert. Il a alors l’idée de chercher dans ce secteur.

L’automne dernier, le niveau d’eau de la rivière Châteauguay était extrêmement bas, ce qui a permis à M. Hébert d’explorer des secteurs généralement moins accessibles. Il tient d’ailleurs à garder un certain mystère sur la localisation précise de sa trouvaille.

«Le détecteur sonnait un peu partout. Dans une craque de roche, dans la rivière, j’ai vu une petite affaire ronde», raconte-t-il. Il croyait d’abord à une cenne noire, puisque des gens habitués à la pêche au métal lui avaient dit que c’était ce qu’ils trouvaient le plus souvent. Mais en nettoyant un peu la pièce dans l’eau, il a réalisé que ce n’était pas le cas.

Un père et sa fille prennent la pause. L'enfant montre une pièce de monnaie dantant de 1816 dans sa main.
Alex Hébert et sa fille Lexie avec la fameuse pièce. (Photo : Le Soleil – Denis Germain)

De retour à la maison, son ami et lui ont effectué des recherches en utilisant l’intelligence artificielle pour tenter d’identifier la pièce. Elle est usée, mais on peut y apercevoir un visage de profil. L’intelligence artificielle conclut qu’il s’agit d’un shilling de Georges III datant de 1816.

Shilling de 1816

Alex Hébert a ensuite contacté le Soleil de Châteauguay.  Nous avons aussi effectué des recherches pour tenter de valider l’identification de la pièce de monnaie. Nous nous sommes d’abord adressés au Château Ramezay, musée et site historique de Montréal qui compte une collection importante de pièces de monnaie de toutes les époques. La cheffe des collections et expositions Christine Brisson a d’abord précisé que le Musée n’offrait pas de service d’expertise mais qu’elle avait tout de même posé la question à un de leurs experts externes. «Il semble que l’information est correcte : il s’agirait bien d’un shilling de George III datant de 1816. Cette pièce était acceptée comme monnaie dans le pays», indique-t-elle.

Après avoir envoyé des photos et des informations sur le diamètre de la pièce à la Société numismatique de Québec, son président François Rufiange a lui aussi pu confirmer au Journal qu’il s’agit bien d’une pièce de cette époque.

On ne peut toutefois pas établir de lien entre le fait que la pièce ait été trouvée près de la Maison LePailleur et l’ancien magasin général. Était-elle là depuis 200 ans ? Impossible de le savoir. La directrice de la Maison Karine Landerman rappelle que les fonds d’une rivière sont constamment modifiés par le courant. De plus, cette pièce de monnaie a été en circulation entre 1816 et 1820 alors que le magasin Bouthiller n’était plus en fonction dès 1815.

Aujourd’hui, cette pièce britannique d’époque fait désormais partie du coffre aux trésors d’Alex Hébert et sa fille. «C’est considéré comme un vrai trésor puisque la pièce est en argent. Dans un trésor, il pouvait y avoir du rubis, de l’argent et de l’or !» souligne le papa, bien fier de sa pêche.