Un nichoir pour les hirondelles noires pourrait voir le jour dès cet été au RécréoParc à Sainte-Catherine, grâce à une collaboration entre le parc et le Club des ornithologues de Châteauguay. L’initiative vise à favoriser la nidification de cette espèce emblématique, dont les populations sont en déclin au Québec. 

« C’est un oiseau qui est classé en péril. Notre projet va créer une possibilité de nidification et éventuellement augmenter la colonie », explique Lucien Lemay, membre du Club des ornithologues de Châteauguay.

Selon lui, la préservation des hirondelles noires est primordiale d’autant plus que la situation est préoccupante.

«Les études montrent qu’au Québec, elles sont entre 2000 et 3000. À l’échelle du Canada, c’est considéré comme très faible», rajoute-il

Le choix du RécréoParc repose sur sa situation géographique avantageuse. Situé en bordure du fleuve, le site se trouve sur un important corridor migratoire.

«C’est un canal de migration des oiseaux, donc ce serait l’emplacement idéal. Certes, il y a eu des observations d’hirondelles dans le parc, mais pour l’instant, il n’y a pas de structures qui pourraient accueillir de futures colonies», précise-t-il.

Le projet consiste en l’installation d’un nichoir de type « gourde » à multiples loges, conçu pour recréer des conditions favorables à la nidification.

Installation d’un premier nichoir de ce type (modèle « gourde » à multiples loges) au RécréoParc.

«Anciennement, ces oiseaux nichaient dans les cavités d’arbres morts, mais avec l’abattage, il y en a de moins en moins pour se reproduire», ajoute Lucien Lemay.

Une collaboration bien établie

Cette initiative s’inscrit dans une série d’actions menées conjointement par le RécréoParc et le Club des ornithologues de Châteauguay.

« On a mis en place plusieurs projets, dont l’installation de nichoirs et de postes d’alimentation. Le club est ensuite revenu vers nous avec cette nouvelle idée de condo à hirondelles noires », souligne Issaïe Mourade Carver, responsable des communications et de l’administration du RécréoParc.

Le projet a été présenté en juillet 2025 par Lucien Lemay et a rapidement obtenu l’appui du parc. Il s’inscrit également dans la vocation écologique du site. Le RécréoParc est reconnu comme un refuge naturel pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs. Sur les 482 espèces répertoriées au Québec, 270 ont été recensées dans ce parc.  

Un atout pour les visiteurs

Au-delà de l’aspect environnemental, le projet pourrait aussi offrir une expérience d’observation unique au public. 

«L’hirondelle noire n’est pas un oiseau farouche. On ne les dérange pas, donc ça permet au public de les observer facilement. Ce serait une belle opportunité pour les visiteurs», note Lucien Lemay.

Les hirondelles noires jouent un rôle écologique important, notamment en régulant les populations d’insectes.

Un financement à compléter

Le coût total du projet est estimé à 7000 $. Une bourse de 2300 $ a déjà été accordée par la Protection des oiseaux du Québec, à laquelle s’ajoute un soutien de 732 $ du député fédéral de La Prairie, Jacques Ramsay. Pour compléter le financement, les partenaires comptent sur la contribution des citoyens en lançant une collecte de fonds.

Le montage du nichoir, confié à une entreprise de la Rive-Sud, est prévu cet été, tandis que l’installation finale pourrait avoir lieu à l’automne 2026.

«Le départ des migrateurs vers le sud est prévu au début septembre. Si tout est installé à la fin août, on pourrait sauver une année. Les jeunes oiseaux qui migrent vont voir l’installation et pourraient s’en souvenir. Au printemps 2027, il y a des chances qu’ils reviennent pour s’y établir», conclut Lucien Lemay.