Rencontré près de l’énorme trou qui s’est formé sur le pont de la Sauvagine, le maire de Châteauguay, Éric Allard, ne cache pas son incompréhension devant la décision du Ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec (MTMD) de permettre la circulation à contresens sur cette infrastructure construite en 1963.
Le matin du 5 mars, des travailleurs du MTMD s’affairaient à réparer un énorme trou dans le pont, assez large pour qu’une bicyclette ou même une personne puisse y passer. La veille, des morceaux de béton et de chaussée étaient tombés sur la rivière gelée.
«Imaginez si cela s’était produit en plein été, lance le maire Allard. Beaucoup de gens font du kayak ou du paddleboard (planche à pagaie) et auraient pu être blessés. Comme maire, mais aussi comme citoyen, je suis très inquiet.»

Bien que le pont appartienne au gouvernement du Québec, l’asphaltage de la chaussée relève de la Municipalité indique le maire. «J’ai été élu en 2021 et le Ministère nous disait alors que le pont serait reconstruit en 2026. Si on m’avait dit que ce ne serait pas le cas, nous aurions investi davantage dans l’asphaltage. Mais je ne vais pas dépenser 500 000$ en asphalte sur ce pont si le Ministère prévoit le reconstruire l’année suivante. Ce ne serait pas une utilisation judicieuse des fonds publics», explique M. Allard.
Un projet complexe, selon la députée
Députée de Châteauguay, Marie-Belle Gendron affirme dans un message envoyé au Journal être «… en action avec les différentes parties prenantes impliquées, notamment l’équipe de la Ville de Châteauguay de même que mon collègue, le ministre Jonatan Julien».

La députée indique que des travailleurs du MTMD, en collaboration avec la Ville de Châteauguay, ont été envoyés sur place pour démolir la dalle endommagée et en reconstruire une nouvelle. Le coffrage était en cours, le bétonnage devait suivre en début d’après-midi jeudi et le séchage devait se terminer en soirée. Selon elle, les ingénieurs ont inspecté l’ensemble de la structure et jugent le pont sécuritaire.

Mme Gendron ajoute que le retard dans la construction du nouveau pont s’explique par la complexité du projet, qui nécessite l’implication de plusieurs ministères provinciaux et fédéraux, ainsi que de la Municipalité de Châteauguay et de la communauté de Kahnawake. Elle affirme qu’il ne s’agit pas d’un enjeu budgétaire et que les travaux devraient débuter en 2028.
Des évaluations embellies ?
L’opposition officielle à l’Assemblée nationale dénonce ce qu’elle qualifie de négligence de la CAQ. Les libéraux reprochent au gouvernement de reporter des travaux urgents sur les infrastructures routières pour réduire ses déficits, affirmant que certaines évaluations d’infrastructures auraient été améliorées sans travaux significatifs.
«Depuis l’arrivée de la CAQ, les évaluations des infrastructures sont miraculeusement embellies passant parfois d’une note de E à C», dénonce de con côté Filomena Rotiroti, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’infrastructures et députée de Jeanne-Mance–Viger.
Classé D
Le pont de la Sauvagine a été construit au début des années 1960 par la société Norema et terminé en 1963 pour être un pont de ce qui devait être l’autoroute 30. Sur l’échelle officielle de l’état des ponts, le pont de la Sauvagine est classé D, ce qui correspond à un mauvais état nécessitant des travaux majeurs. Selon les données du MTMDQ, le pont a été inspecté en 2024 et une nouvelle inspection générale était prévue pour 2026.


On pourrait ajouter que la CAQ promettait un pont improbable à la région de Québec et avait fait de ce fameux 3e lien leur principal enjeu. Pendant qu’ici notre bon et vieux pont de la Sauvagine commençait à rendre l’âme depuis déjà un bail. Quand j’y passe à vélo, il n’y a rien entre la piste cyclable et la chaussée où s’est formé ce trou. Cette chaussée est en si mauvais état que les autos zigzaguent pour les éviter, empiétant du même coup sur la piste cyclable, laquelle est très mal identifiée. Et enfin comme plusieurs, et je dis bien plusieurs, roulent à 90 et 100 km/heure dans une zone de 50, on peut affirmer qu’il faut être brave (et cinglé ?) pour traverser ce pont à vélo. Ce que je fais régulièrement en dehors de la période hivernale. J’y ai croisé quelques familles aussi à vélo. Je me disais, est-ce prudent de leur part ?
les autos zigzaguent pour éviter les trous*
J’apprends aujourd’hui que la responsabilité de l’asphalte appartient à la ville de Châteauguay, alors que pendant des années on nous laissait entendre que c’était la responsabilité du Québec ou même du fédéral…
J’habite Châteauguay depuis 26 ans et le bon état de la chaussée de ce pont est très très loin dans ma mémoire.
La ville a diminué la vitesse de 70 km/h à 50 km/h en raison du mauvais état de la route sur le pont, d’après le maire de l’époque.
L’asphalte a été refait il y a un bout de temps, avant et après le pont, mais pas sur le pont, à la grande surprise des utilisateurs…
La chaussée est dégradée depuis plus d’une décennie et la ville n’a rien fait mise à part boucher des nids de poule.
Aujourd’hui, effondrement.
La faute à qui ?
Bonjour , Je me demande si M. L’égalité traverserait matin et soir un pont en si mauvais état. Poser la question c ‘est y répondre.
Tout à fait d’accord avec le commentaire 3 soit, celui de M. Lacombe. Pour ma part, j’habite Châteauguay depuis 27 ans et je n’ai jamais vue ce pont en bon état. Je me suis déjà plaint à maintes reprises à la ville de Châteauguay concernant l’état de ce pont. Tout ce qu’on fait, c’est du rapiéçage en mettant de l’asphalte dans les trous au hasard et en tapant dessus avec une pelle ou en reculant dessus avec le pick-up de la ville. Du grand n’importe quoi…D’abord notre véhicule se fait brasser parce qu’il y a des trous et que la chaussée est défoncé, pour par la suite se faire brasser à nouveau par les bosses provoqué par l’asphalte servant à boucher les trous. Les travaux concernant les nids de poules peuvent bien être à refaire à chaque année avec de telles méthodes de travail.