Huit ans après Audacieux, le documentaire qui présentait un jeune entrepreneur flamboyant s’abreuvant au Veuve Clicquot, la série documentaire Olivier Primeau, pas encore milliardaire nous montre un homme d’affaires plus enraciné. Entre les deux projets, le contraste est frappant. Rencontre avec un entrepreneur originaire de Sainte-Martine qui dit avoir troqué l’ostentatoire pour la maturité.

L’argent, le stress et le recul

Comment expliquer un tel virage dans l’image publique ? Pour Olivier Primeau, la réponse tient en un mot : l’âge.

« Une fois que tu as ton succès monétaire de fait, tu réalises des choses, explique-t-il. Je ne dirai pas que l’argent ne rend pas plus heureux — on entend souvent que l’argent ne fait pas le bonheur, et c’est vrai — mais ça aide à être moins stressé. » Il évoque aussi un mélange de maturité et d’évolution personnelle, rappelant que son père ne le reconnaissait pas toujours dans les débuts du Beach Club, à l’époque où son frère et lui avaient été étiquetés comme « deux fils de riche ». Un chapitre sur lequel il revient d’ailleurs avec Pierre-Yves McSween dans cette nouvelle série de trois épisodes présentée sur Crave.

« J’ai réalisé qu’il y avait d’autres choses que l’argent », résume-t-il, tout en admettant que le titre de la série — pas encore milliardaire — porte volontairement une touche d’ironie que le public saura, selon lui, bien décoder.

Une seule zone interdite pour les caméras

Habitué à contrôler entièrement ce qui se dit sur lui et ses entreprises via ses réseaux sociaux, Olivier Primeau assure ne pas avoir imposé de conditions strictes à l’équipe de tournage. Une seule ligne rouge : sa vie amoureuse.

« Le réalisateur voulait tellement savoir comment ça fonctionnait pour moi en amour, mais c’est un sujet où je ne laisse entrer personne. » Sa raison ? Le poids que représente une relation vécue sous le regard constant des réseaux sociaux. « Il faut te mettre en couple en vrai, puis sur les réseaux sociaux. Si ça ne fonctionne pas, il faut te séparer en vrai, puis sur les réseaux sociaux. Je n’ai pas envie de vivre ça, et encore moins de faire vivre ça à la personne qui serait avec moi. » Être sa conjointe, ajoute-t-il, vient avec une exposition publique que tout le monde ne souhaite pas avoir.

Les soirées Coors Light oubliées… faute d’archives

Les racines entrepreneuriales d’Olivier Primeau remontent bien avant le Beach Club, jusqu’aux fameuses soirées Coors Light qu’il organisait à l’aréna de Sainte-Martine. Étonnamment, cet épisode fondateur est absent du premier épisode consacré à ses débuts.

La raison est purement logistique : « On n’a pas trouvé d’archives! Moi aussi j’aurais voulu qu’on en parle, mais il me semble qu’on avait juste une vieille photo. » Un petit écueil malheureux, puisque c’est précisément de là qu’est née sa passion pour l’événementiel — à plus petite échelle, mais dans la même continuité que ce qui allait suivre avec l’achat du Beach Club. Ses proches, eux, n’ont d’ailleurs jamais été surpris de le voir emprunter cette voie.

L’influence a-t-elle un prix ?

Le deuxième épisode s’attarde sur la maîtrise de l’influence développée par Primeau au fil des ans, entre ses reviews chez des restaurateurs locaux et un clin d’œil au parcours de l’humoriste Simon Gouache. Interrogé sur l’existence d’une limite à ce qu’il accepterait de promouvoir, il nuance :

« Je suis dans le divertissement. Même dans mes entrevues politiques, j’essaie de recevoir le plus de monde possible, même si je ne pense pas comme eux. C’est du divertissement, ce que je fais. » Il admet répondre souvent par le « n-oui » plutôt que par un refus net — mais précise que des collaborations sont bel et bien refusées, non pas par rejet de l’image proposée, mais par souci de cohérence avec son propre branding.

Poutine, marché français et eau : quel projet verra le jour en premier ?

Parmi les nombreux projets évoqués dans la série — un restaurant de poutine avec la streameuse Cocotte, l’expansion de ses prêts-à-boire Beach Day Every Day en France, et un mystérieux projet de revalorisation de l’eau — lequel se concrétisera en premier ?

Sans hésiter, Olivier Primeau mise sur le projet lié à l’eau. « C’est assez avancé. On en parle aussi dans le troisième épisode, les déboires de ma compagnie publique [NDLR : Triani, une entreprise dans laquelle Prime Group avait investi, a fait faillite en 2026], si ce n’était pas de ça, ce serait déjà fait. Donc j’ai confiance que ça va arriver avant n’importe quoi d’autre. »

Pour mettre les choses en contexte : Olivier Primeau détient, via sa compagnie Prime Group cotée en bourse, environ 30 % de la quantité d’eau qui peut être pompée et mise en bouteille au Québec grâce à des permis de captation. En entrevue au balado de Rad, il a affirmé être en discussion avec le gouvernement pour mettre sur pied un projet de « valorisation de l’eau, un projet de société à la Hydro-Québec », pour lequel il recevrait des redevances — un projet qu’il juge, encore une fois, plus près de se concrétiser que les autres évoqués plus haut.

La série documentaire
Olivier Primeau, pas encore milliardaire
est présentement disponible sur Crave. Après Luc le milliardaire, Pierre-Yves McSween souhaite comprendre le phénomène Primeau. Son influence sur les réseaux sociaux se transforme-t-elle en argent? Est-il plus populaire que riche? Représente-t-il une façon moderne de faire des affaires?