Dès la fin juin, les 64 jeunes rattachés au camp du Club optimiste de Léry, établi depuis plus de 20 ans dans la municipalité, devront se déplacer à Châteauguay. Cette décision déçoit un parent, dont les trois enfants y sont inscrits depuis quelques années.
Pour Mathieu Chartrand, un camp de jour doit être implanté dans le milieu de vie des jeunes. Les allers-retours à Châteauguay entraveront les vacances estivales de ses enfants âgés de 12, 11 et 9 ans. «Il va falloir les inclure dans notre horaire de travail comme durant l’école, les lever à une certaine heure, les amener au camp, venir les chercher à une certaine heure», déplore-t-il. À Léry, les fils et la fille de M. Chartrand se rendaient au camp de jour à vélo.

Un camp de jour privé, établi au Club nautique Woodlands à Léry, s’offre à la famille Chartrand. Plus onéreux que celui du Club optimiste, il propose des services différents, dont la voile. «On passe trois semaines avec nos enfants l’été. On a juste besoin de quatre semaines. Quant à payer le gros prix pour quatre semaines, on a décidé de faire autre chose avec notre argent», lance-t-il.
C’est en février que le Club optimiste a appris qu’il ne pouvait plus organiser le camp de jour entre les murs du bâtiment qui a abrité l’école Maria Goretti. «On m’a dit que je ne pouvais pas faire mon camp de jour été 2026 à cause d’un bail de 12 mois à la Station de l’Aventure», explique Jocelyne Schmidt, présidente du Club optimiste de Léry.
En juin 2025, les élus municipaux ont adopté une politique de reconnaissance des organismes. Pour être reconnu et avoir le droit d’utiliser des locaux municipaux gratuitement, chaque organisme devait acheminer des documents à la Ville. Ceux du Club optimiste de Léry ne sont jamais parvenus à l’administration municipale, explique Chloé Beaudoin-Lejour, coordonnatrice des communications à Léry. «D’ailleurs, ils ne nous ont pas non plus signifié qu’ils souhaitaient toujours utiliser nos locaux avant d’en faire l’annonce sur leurs réseaux sociaux», souligne-t-elle.
Sans local à Léry, le Club optimiste a cherché un endroit où s’installer. Jocelyne Schmidt a trouvé à Châteauguay. La présidente du Club optimiste considère le nouvel emplacement comparable à celui à Léry. Les jeunes pourront s’amuser dans un parc public à 10-15 minutes de marche. «J’insiste pour qu’il y ait des jeux extérieurs comme la balle, le soccer. Un camp de jour d’été, les jeunes ne passent pas leurs cinq jours en dedans», dit l’enseignante à la retraite.
Malgré le déménagement de l’organisme, Jocelyne Schmidt ne note aucune annulation parmi les parents qui ont inscrit leurs jeunes au camp de jour. De ces familles, 80 % habitent à Léry. «Quelques familles sont de Châteauguay et Maple-Grove [Beauharnois]», détaille-t-elle.
Camp de jour à l’école primaire
Mathieu Chartrand aurait aimé que la nouvelle l’école de l’Archipel reçoive le camp de jour. L’établissement coche toutes les cases, selon lui. Il vante, entre autres, les installations incluant le gymnase. «Ça fait du sens. C’est un bâtiment qui a été construit pour les enfants. Il est vacant l’été», dit le papa en ajoutant que cette occupation des lieux engendrerait une utilisation maximale des infrastructures publiques.

Hélène Dumais, directrice adjointe au Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries, soutient que la mise en place d’un camp de jour dans un établissement d’enseignement demande des ajustements. «Une analyse est en cours afin d’évaluer les conditions nécessaires pour permettre ce type d’utilisation. Pour l’été 2026, cette analyse est toujours en cours», affirme-t-elle.
La situation pourrait changer à l’été 2027. Dans une lettre remise à M. Chartrand, le Club optimiste informe qu’il délaissera le camp de jour à la fin de la saison estivale. «Cette décision n’a pas été prise à la légère. Le Club continuera toutefois de s’impliquer activement auprès des jeunes de Léry à travers d’autres initiatives et projets qui nous tiennent tout autant à cœur», peut-on y lire.
La Ville, qui a été avisée de la décision du Club optimiste, envisage d’aménager un camp de jour municipal dans les locaux de l’école de l’Archipel en 2027. Mme Beaudoin-Lejour dit discuter avec le Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries (CSSGS) à ce sujet. Elle parle d’«ajustements qui ne peuvent pas être réalisés dans un aussi court délai», soit les assurances et la mise en place de mesures garantissant aux jeunes un milieu sécuritaire.
Une entente existe déjà entre la Ville et le CSSGS. L’école de l’Archipel prête ses terrains sportifs à la population de Léry du lundi au jeudi pour la pratique de diverses disciplines, dont le badminton et le basketball.


