La culture québécoise, Marianne Malo l’a dans la peau. Au sens propre comme au figuré. Sous le nom d’artiste Marshmallow Tattoos, la tatoueuse et copropriétaire du studio La Dague d’Or, à Sainte-Martine, transforme références culturelles d’ici, nostalgie collective et symboles identitaires en tatouages illustratifs et contrastés. Entretien avec une Merciéroise qui propage son amour de la culture québ, un tatouage à la fois.
Tatoueuse depuis un peu plus de deux ans et demi, Marianne décrit son style comme illustratif, marqué par le contraste et le dot work. Une esthétique qu’elle a affinée grâce à un DEC en arts visuels au cégep de Valleyfield. « Ça m’a vraiment aidée à trouver mon style, à trouver ce que j’aime. Mais on évolue constamment comme artiste », dit-elle. Son passage à Montréal, où elle a travaillé pendant un an, lui a aussi permis de faire évoluer sa pratique au contact d’autres créateurs.
C’est presque par hasard que la culture québécoise s’est imposée comme fil conducteur de son travail. « J’ai publié une feuille de tatouages inspirée des Cowboys Fringants et il y a eu un énorme engouement », raconte-t-elle. Ce qui l’a encouragé à poursuivre sur cette voie. Depuis, Marianne assume pleinement cette étiquette de « fille qui fait des tatous québécois ». Une démarche cohérente avec ses habitudes de consommation culturelle, elle qui puise quotidiennement dans les films, la musique et les balados d’ici.
Dans l’air du temps
En 2025, un symbole s’est imposé plus que les autres sur sa table de tatouage : la fleur de lys, qu’elle a tatouée à de nombreuses reprises.
Pour 2026, Marianne anticipe une vague de nostalgie assumée. « Je me suis mise à faire plein de flashs inspirés de Passe-Partout et de séries québécoises des années 2000, puis ça marche vraiment. Les gens sont très attachés à ce passé-là », observe-t-elle. Elle prévoit aussi s’arrimer à l’actualité musicale québécoise, en lançant des créations liées aux nouveaux albums à venir, notamment ceux de Les Louanges et de Gab Bouchard.
Premier tatouage et attentes réalistes
Marianne accorde une grande importance à l’accompagnement, surtout lorsqu’il s’agit d’un premier tatouage. « On ne peut pas mettre autant de détails sur un tatouage que sur un dessin », rappelle-t-elle, soulignant que la peau vieillit et que certains détails ne résistent pas au temps.
« Souvent, les gens veulent tout mélanger dans un seul tatouage. Je suggère plutôt d’y aller par thématique », explique-t-elle, évoquant aussi l’importance du placement et du flow naturel du corps.
L’IA : une ligne à ne pas franchir
Sur l’intelligence artificielle, la tatoueuse est sans équivoque. Copier un dessin trouvé sur Pinterest ou généré par l’IA va à l’encontre de ses valeurs artistiques. « Je préfère mille fois qu’un client arrive avec un croquis griffonné ou une idée décrite avec des mots. C’est mon rôle de créer le dessin », affirme-t-elle.
Elle s’inquiète aussi de l’appropriation silencieuse de dessins générés par l’IA, parfois présentés par certains de ses pairs comme des créations originales. « Il y a des erreurs classiques : un doigt manquant, des proportions ou une composition bizarres, des lignes qui ne vont nulle part. Pour quelqu’un qui ne s’y connaît pas, ça peut être dommage de se ramasser avec ça sur le corps de façon permanente », prévient-elle, invitant les clients à demeurer vigilants.
Cette entrevue est également disponible en format vidéo sur la chaîne YouTube de Ma vie ma région

