La séance du conseil municipal de Châteauguay a été chargée en émotion le 6 juillet alors que de nombreux citoyens touchés par des refoulements d’égout et des inondations le 20 juin ont exprimé leur colère et leur désarroi. Le maire Éric Allard a rappelé les différents investissements en cours pour mettre à jour les infrastructures et tenter de limiter les dégâts lors de pluies diluviennes.

Certains citoyens désemparés ont raconté avoir vécu une inondation pour une troisième ou quatrième fois en quelques années et ils n’en peuvent plus. Louise Prudhomme, résidente du boulevard Sainte-Marguerite, a vécu quatre dégâts d’eau depuis 2012. Après les trois premiers dégâts d’eau et le décès de son mari en 2025, elle a décidé de mettre sa maison en vente.

«Après 15 visites, j’ai réussi à avoir une offre. Je l’ai acceptée même si mon agent me disait de continuer parce que moi je pensais à ma quiétude. J’étais inquiète chaque fois qu’il y avait de l’eau qui tombait», a-t-elle exprimé, très émotive.

Elle devait passer chez le notaire le 29 juin, mais finalement les acheteurs se sont désistés après avoir vu le dégât d’eau du 22 juin. Elle se retrouve à devoir payer sa maison et le logement dans lequel elle a déjà déménagé. Elle se demande quand la Ville fera des actions puisqu’elle vit dans la crainte perpétuelle d’une nouvelle averse.

Travaux à venir dans certains secteurs

Le maire Éric Allard avait annoncé un peu plus tôt dans la séance que la Ville est en processus d’appel d’offres pour faire des interventions ciblées pour les secteurs du boulevard Sainte-Marguerite, des rues Craik et Dunver.

Après les inondations de 2023, la Ville avait commandé une analyse du secteur et elle est maintenant prête à procéder aux travaux. «Malgré le refus d’une aide financière de 4,6 millions de dollars, nous avons choisi d’aller de l’avant avec le règlement d’emprunt de 10 millions», a indiqué M. Allard. Les travaux pourraient commencer d’ici la fin de l’été.

D’ailleurs, la majorité des citoyens qui se sont exprimés lundi pendant la séance qui a duré trois heures habitaient dans le secteur de la rue Laramée, près du boulevard Sainte-Marguerite. 

Comme plusieurs maires au Québec, Éric Allard critique le manque d’aide des paliers de gouvernement pour absorber les importantes dépenses nécessaires en infrastructures.

Il a rappelé que de nombreux investissements pour mettre à jour les infrastructures sont en cours. La Ville doit séparer les égouts pluviaux et sanitaires sur l’équivalent de 16 kilomètres de rue. À ce jour, trois kilomètres ont été complétés et les travaux ont fait une différence selon lui. Il a cité en exemples les travaux sur le boulevard d’Anjou, le secteur Thibert et celui de la rue Elmridge. Ce dernier était autrefois affecté après presque chaque épisode de pluie, mais a été épargné cette fois-ci.

Une aide d’urgence réclamée

Plusieurs citoyens ont réclamé une aide d’urgence de la part de la municipalité pour les aider financièrement. «Si on se transforme en compagnie d’assurance pour donner des compensations, ces compensations vont se retrouver sur votre compte de taxes aussi, a expliqué le maire. La Ville, les seuls revenus qu’elle a, ce sont les taxes.»

Le conseil municipal a rappelé que des programmes gouvernementaux existent pour aider les citoyens victimes d’inondation. La Villa a également mis sur pied un programme de subvention pour mettre à jour ses installations sanitaires. À ce jour, elle a remboursé l’équivalent de 17 000 $. Elle a prévu un budget de 100 000 $ pour ce programme.

Le ton a monté à un certain moment pendant la séance. Plusieurs policiers étaient sur place et une citoyenne a été expulsée puisqu’elle ne respectait pas le décorum.

D’autres citoyens, inondés pour une première fois, se questionnent sur l’état et l’entretien des infrastructures municipales. Patrick Vachon, résident de la rue des Satellites, a demandé si le développement du parc industriel et les travaux à la station Rodrigue-Caron pouvaient avoir un impact sur les inondations.

«Si en 37 ans, il ne se passe rien, en 2024 [tempête Debby], il ne s’est rien passé. Qu’est-ce qui justifie que deux ans plus tard, pour à peu près les mêmes conditions, on passe de zéro pouce d’eau à plus de deux pieds d’eau dans les sous-sols de la majorité de la rue ?»

Éric Allard a évoqué la météo des jours précédents comme hypothèse qui pourrait expliquer l’inondation. «Quand on a eu cet orage-là, on venait d’avoir plusieurs jours de pluie. Les terrains de tout le monde étaient gorgés d’eau, les nappes phréatiques aussi. […] Ces grandes pluies-là nous ont mis dans le pétrin et notre réseau n’est pas capable d’absorber autant de pluie d’un seul coup», indique le maire.

Châteauguay n’est pas la seule ville de la région à avoir été durement touchée par l’orage du 20 juin. Des secteurs de Delson, Sainte-Catherine et Saint-Constant ont subi d’importants dommages.