Plusieurs des 587 immeubles datant d’avant 1940 dans la MRC de Beauharnois-Salaberry présentent une valeur patrimoniale supérieure, voire exceptionnelle, selon le dernier inventaire réalisé en 2023. 

Conformément aux exigences du gouvernement du Québec, les MRC et les agglomérations doivent fournir un inventaire des immeubles construits avant 1940 présentant un intérêt patrimonial d’ici le 1er avril. L’inventaire du patrimoine de la MRC de Beauharnois Salaberry a été adopté en février 2022. Une première mise à jour a été réalisée en mars 2023, et d’autres mises à jour sont prévues au cours des prochaines années.

Salaberry-de-Valleyfield

Sans surprise, c’est à Salaberry-de-Valleyfield que l’on recense le plus grand nombre de ces immeubles, avec un total de 185. Parmi eux, l’aqueduc de la rivière Saint-Pierre (1843-1844), situé sur le chemin du Canal, se distingue comme un site patrimonial classé de valeur exceptionnelle. Il en va de même pour le site patrimonial de l’entrée supérieure de l’ancien canal de Beauharnois, rue Victoria (1842-1845), également classé par le Québec et déjà reconnu pour son importance.

L’ancien bâtiment de la Gault Mills, au 40, avenue du Centenaire, construit en 1900, aujourd’hui occupé par l’Hôtel MOCO, possède lui aussi une valeur exceptionnelle.

Du côté des immeubles à valeur patrimoniale supérieure, on retrouve notamment l’église Saint-Timothée (1909-1911) et son presbytère (1925), au 91, rue Saint-Laurent. S’y ajoutent l’église Sacré-Cœur-de-Jésus (1927-1928), au 202, rue Alphonse-Desjardins, ainsi que l’église Saint Mark’s Anglican (1962-1963), au 33, rue Gault.

Patrimoine
L’Aqueduc de la rivière Saint-Pierre (1843-1844), sur le chemin du Canal, est un site patrimonial classé à la valeur Exceptionnelle. (Photo: Le Journal St-François – Mario Pitre)

Cette catégorie comprend également le Manoir Grant — autrefois connu sous le nom d’auberge Grant’s Inn — construit entre 1835 et 1839, au 19, rue Florian-Paiement, ainsi que le Monument aux Julien (1945), situé au 162, rang Sainte-Marie Est.

Plusieurs infrastructures industrielles figurent aussi parmi les biens de valeur supérieure, dont la centrale électrique de la Montreal Cotton (1898), au 50, rue Dufferin, l’ancienne centrale hydroélectrique de Saint-Timothée (1910), au 5594, boulevard Hébert, et le poste de distribution de la Beauharnois Electric Company (1929), au 8, rue Saint-Hippolyte.

Parmi d’autres exemples, mentionnons le Grenier Fournitures (1938), au 46, rue du Marché, le bâtiment administratif de la Canadian Schenley (1938), au 1, rue Salaberry, l’ancienne usine de la Quebec Distillers (1938), au 2, rue Salaberry, ainsi que l’usine N.A. Ostiguy (1904), spécialisée dans la confection de vêtements en fourrure et en cuir, située aux 211 à 215, rue Victoria.

Enfin, le pont ferroviaire des Coteaux (1890) et la Croix Jacques-Cartier (1934), dans le parc Delpha-Sauvé, présentent eux aussi une valeur patrimoniale jugée supérieure.

Beauharnois

À Beauharnois, on recense pour sa part 137 immeubles datant d’avant 1940. Le lieu historique de la centrale hydroélectrique de Beauharnois (1929), au 80, boulevard de Melocheville, ainsi que le nouveau canal de Beauharnois (1929), sont classés de valeur exceptionnelle.

Parmi les biens de valeur supérieure figurent l’église Saint Edward Presbyterian (1834-1835), au 72, rue des Écossais, l’église Saint-Clément de Beauharnois (1843-1845), au 185, chemin Saint-Louis, et son presbytère (1846), au 183, chemin Saint-Louis. S’y ajoutent la salle communautaire (salle de la Fabrique, 1855 ou après) et le musée Nicolas Manny (1960).

Le Manoir Thibaudeau (Pointe à Thibaudeau), datant de 1895 et situé au 805, chemin Pointe Saint-Louis, ainsi que la grange-étable de la maison Gendron (1800-1850), au 973, rang Saint-Georges, sont également classés à valeur patrimoniale supérieure, tout comme le pont suspendu de Beauharnois (1951-1952).

À Saint-Étienne-de-Beauharnois, l’église du village (1863-1864) et son presbytère, au 416, chemin Saint-Louis, présentent eux aussi une valeur supérieure. Il en va de même à Saint-Louis-de-Gonzague pour l’église locale (1857-1863) et son presbytère (1846), au 146, rue Principale.

Les vestiges du barrage et du moulin Dumouchel, au 77, chemin de la Rivière, sont également reconnus pour leur intérêt supérieur.

À Sainte-Martine, les vestiges du noyau industriel de l’ancien domaine seigneurial de la pêche aux saumons (1845) affichent une valeur patrimoniale supérieure, tout comme la forge Maheu (1838), la croix de chemin Maheu (1880-1920) et le pont Legault — aussi appelé vieux pont du Grand Marais (1805) — situé sur le chemin du Grand-Marais.

À Saint-Stanislas-de-Kostka, l’église Saint-Stanislas-de-Kostka (seconde église, 1947-1948) et l’ensemble de bâtiments agricoles érigés entre 1850 et 1950, au 194, rang du Cinq, présentent une valeur patrimoniale supérieure. Deux autres immeubles y sont classés de valeur « bonne » : la grange-étable de la maison Leduc (1900-1950), au 391, rang du Cinq, et le calvaire du cimetière, dont la date de construction demeure inconnue.

Enfin, à Saint-Urbain-Premier, sept immeubles sont reconnus pour leur valeur patrimoniale jugée bonne.