Élèves et enseignants, actuels et anciens, ont fait une tournée de l’école Louis-Philippe-Paré (LPP) à Châteauguay une dernière fois le 22 juin, dans le cadre d’une cérémonie de fermeture de l’établissement. Le bâtiment sera démoli. La prochaine cohorte d’élèves entamera ses études secondaires dans une école toute neuve.
Le local de musique, les gymnases et l’auditorium, entre autres, étaient accessibles. La bibliothèque de l’école était bondée. Les étagères de livres faisaient place à des tables sur lesquelles étaient déposés les albums de finissants distribués au fil des années. Les gens les consultaient pour retrouver leur photo ou celles d’amis. Cette visite a permis de remémorer plusieurs souvenirs chez plusieurs en plus de laisser place à des retrouvailles.
Enseignants extraordinaires
Gloria Bourgeois de Les Coteaux a fréquenté l’école LPP à l’ouverture, en 1969. Lors de la visite, elle s’est souvenue des enseignants extraordinaires qui ont marqué son passage au secondaire. «Je pense à Rollande Lavoie, une religieuse», a-t-elle dit. Mme Bourgeois était accompagnée de ses quatre sœurs qui ont toutes fréquenté l’école Louis-Philippe-Paré. Son frère, ancien élève, était absent. «Ce n’est pas si vieux 57 ans, a mentionné Mme Bourgeois en référence à l’école. Ça va être démoli, c’est dommage.»

Yvon Dubuc de Châteauguay et Pauline Beaudin de Beauharnois, des amis de LPP, s’étaient donné rendez-vous à l’école le 22 juin. «On voyageait en autobus ensemble», ont-ils lancé en choeur. Les anciens élèves, qui ont inauguré la nouvelle école en 1969, ont repris contact grâce aux réseaux sociaux il y a quelques années. «Ce que je déplore, c’est qu’il y avait deux chiffres à l’école. On était sur le 2e chiffre. On finissait l’école à 5 h 30 – 6 h [PM]. On commençait plus tard», a exprimé Mme Beaudin. Pour M. Dubuc, diplômé en dessin technique, la visite représente «de beaux souvenirs». «On veut toujours voir la fin de notre école et le début de notre carrière», a-t-il relaté dans une pièce où les paroles de Stairway To Heaven de Led Zeppelin se faisaient entendre comme musique de fond.

Marc-Antoine Larouche et Samuel Hamelin, tous deux de Châteauguay, qualifient leurs études secondaires «de bonnes années». Les diplômés 2017 ont eu l’occasion de se découvrir des talents en culture. «On a fait Cégep en spectacle pendant cinq ans», a confié M. Hamelin.

Pascal Perreault enseigne l’univers social à l’école LPP. Le 22 juin, il a croisé Jacob Villeneuve, un ancien élève originaire de Mercier. Les deux hommes ont accordé quelques minutes au Journal. «J’ai gradué ici en 2000. J’ai tellement aimé mon passage à LPP. J’étais dans l’atelier humour, à faire de la scène. Après mes études universitaires, il y a une seule école dans laquelle je voulais travailler et c’était Louis-Philippe-Paré», a mentionné M. Perreault.
«Il y a beaucoup de souvenirs. C’est un plaisir de revenir une dernière fois avant la démolition de l’école», a poursuivi M. Villeneuve, diplômé de l’école secondaire en 2022. Après sa disparition, l’école LPP demeurera toujours dans le cœur de Pascal Perreault. La construction d’un nouvel établissement était inévitable, selon lui. «L’école a été charcutée de gauche à droite pour permettre à une capacité supérieure d’élèves de rentrer. À l’époque où je suis rentré, on était 1200 élèves. On est rendu à 2800 élèves maintenant», a-t-il soutenu.

«Un lieu de passage et de transformation»
La visite de l’école LPP s’est déroulée en continu de 16 h 30 à 21 h. En fin d’après-midi, les invités pouvaient écouter la direction de l’école, élèves et enseignants se remémorer les années passées à l’intérieur des murs.
Pauline Martin-Paquet, directrice de l’école, a expliqué que l’école a été témoin du passage d’élèves de plusieurs générations se différenciant par leur parcours. Leur point commun : fréquenter «un même lieu de passage et de transformation». La démolition de l’école ne constitue pas un au revoir, selon elle. «En tournant cette page, nous ne fermons pas une histoire. Nous la prolongeons. LPP continuera d’exister dans vos souvenirs, vos parcours, vos réussites et tout ce que vous avez construit ici», a-t-elle déclaré.
Alexandre Fournier, ancien élève et enseignant de mathématiques, s’est souvenu de son engagement dans la vie étudiante de l’école et l’apport des professeurs d’alors qui l’inspirent aujourd’hui dans sa carrière. «Je m’efforce d’être comme mes modèles, un prof impliqué qui a à cœur le bonheur de ses élèves», a-t-il affirmé. Sa fille Marilie, élève de l’école secondaire, considère l’établissement comme «une histoire de famille». «LLP pour moi, c’est d’abord mon père qui pointe une bâtisse lorsqu’on passe sur le boulevard Brisebois, une bâtisse qu’il appelle fièrement l’école de papa. C’est moi qui grandis en développant un intérêt spécial pour cette école chaque fois que je m’y rends pour y présenter mes spectacles de danse à l’auditorium Serge Boisvert», a-t-elle relaté.

Christian Duval, directeur général du Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries, a soulevé les passions auprès des visiteurs en remémorant des moments de la vie à LPP. C’est le cas des food fight à la cafétéria, Mme Proulx qui assurait, entre autres, la sécurité dans l’école et l’équipe sportive Les Grenadiers.
La députée de Châteauguay Marie-Belle Gendron a mentionné que «LPP fait partie du visage de Châteauguay». Le maire de Châteauguay Éric Allard a ajouté que les visiteurs n’ont pas dit un au revoir au bâtiment le 22 juin, «mais on rend hommage à une époque».
Tout au long de la soirée, les invités ont pu écrire sur un carton un souvenir de leur passage à l’école secondaire. Ces mots seront regroupés à l’intérieur d’une capsule temporelle. Si ces mots sont confidentiels, les finissantes 2026 Sarah Yayaoui, Rania Idiken et Sarah Maaroufi, l’ancien enseignant d’histoire Claude Saint-Cyr et l’ancienne élève et députée de Soulanges Marilyne Picard ont bien voulu partager leur message avec le public. La capsule, ouverte dans quelques années, permettra de découvrir la vie entre les murs de l’école secondaire de 1969 à 2026.


