Dans son premier long-métrage de fiction Sous silence, la cinéaste de Mercier Sandra Cerdeline aborde un sujet difficile : les féminicides dans la communauté immigrante. Par son art, elle souhaite mettre en image une réalité souvent cachée derrière des portes closes.

«L’envie de traiter des féminicides vient d’une indignation profonde face à une violence trop souvent banalisée, qu’on réduit à un simple fait divers», explique-t-elle en entrevue. Son film engagé révèle cette violence ultime, mais aborde également ce qui précède l’acte fatal. Il est question du silence, du contrôle, de la peur et des signaux ignorés. 

Pourquoi s’intéresser à la perspective immigrante ? «Chez les immigrants qui vivent des situations de violence conjugale, il y a un silence total. On ne se prononce pas souvent parce que dans la communauté on ne doit pas exposer les problèmes de famille à l’extérieur (de celle-ci)», souligne Mme Cerdeline.

La Merciéroise joue le rôle du personnage principal dans le film et confie que le tournage n’était pas toujours facile. «Il y avait des moments où on était obligé d’arrêter toutes les scènes parce que tout le monde pleurait», mentionne Sandra Cerdeline. Il s’agit d’un film indépendant qui a été tourné dans la région, notamment à Châteauguay, Mercier, Sainte-Catherine, Saint-Constant et Longueuil.

Celle qui est a à la barre du Festival de Cinéma Plan d’ensemble à Châteauguay espère que son œuvre voyagera, histoire de sensibiliser un maximum de gens. Il sera présenté en juin au Festival international du film d’éducation du film à Rufisque au Sénégal.

 À l’échelle plus locale, une projection du film est prévue le 10 avril au cinéma Carnaval à Châteauguay à 21 h. Un lancement officiel a aussi le 12 avril à la salle le Jardin du collège Maisonneuve à Montréal. Les détails sont disponibles sur le site soussilence.org.