Les membres de la Table locale de médecine générale du Réseau local de services (RLS) de Jardins-Roussillon déplorent l’octroi d’un médecin de moins que prévu dans leur région au profit du RLS de Champlain-Charles-Lemoyne, lequel comprend la circonscription du ministre de la Santé Gaétan Barrette.
Le nombre de médecins alloué passera ainsi de 13 à 12, soutient le responsable de la Table le Dr Félix Le-Phat-Ho. «C’est du favoritisme puisque le MSSS (ministère de la Santé et des Services sociaux) nous a envoyé une méthodologie objective d’attribution des postes et le ministre a fait fi de cette méthodologie pour favoriser son secteur», déplore le professionnel en précisant que deux autres RLS de la Montérégie ont eu droit au même traitement.
De son côté, la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) Noémie Vanheuverzwijn souligne que le dernier mot revient à M. Barrette. «Lors de l’élaboration des PREM (plans régionaux d’effectifs médicaux), différents scénarios sont examinés à partir notamment des suggestions du DRMG (Département régional de médecine générale), mais c’est le ministre qui détermine ultimement des PREM», dit-elle.
Selon le Dr Félix Le-Phat-Ho, le ministre de la Santé aurait éliminé les postes de médecins de famille afin de les affecter à la mise en place d’une superclinique à être implantée à Greenfield Park, voisine de l’Hôpital Charles-Lemoyne. «Finalement, cette fameuse superclinique ne recevra que l’ajout d’un autre médecin», affirme l’hospitaliste en médecine générale uni à l’Hôpital Anna-Laberge de Châteauguay.
Québec soutient n’avoir aucun droit de regard sur le lieu de pratique d’un médecin. «Le MSSS ne peut obliger un médecin à s’installer dans un établissement ou un cabinet médical en particulier ou à implanter une superclinique», mentionne Noémie Vanheuverzwijn.
Représentation auprès des politiciens
Les membres de la Table ont rencontré l’attaché politique du député de Châteauguay Pierre Moreau, le député de Sanguinet ainsi que celui de La Prairie afin de faire connaître leur mécontentement. Le Dr Le-Phat-Ho se dit satisfait des discussions, malgré le manque de connaissance des politiciens en ce qui a trait aux procédures d’attribution de postes de médecins de famille sur leur territoire, dit-il. «Pour l’instant, nos représentations n’ont été que des séances d’information et un premier contact. J’ai quand même été content de pouvoir établir des canaux de communication pour ce dossier et pour les autres à venir», explique-t-il.
12 nouveaux médecins assurés
Selon le Dr Le-Phat-Ho, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a octroyé 12 nouveaux médecins au RLS de Jardins-Roussillon en 2017; médecins qui en sont au début de leur pratique. À ce groupe s’ajoute un médecin de famille déjà établi et possiblement un deuxième. «Ces postes dépendent de médecins déjà en pratique qui voudraient changer de région et s’établir chez nous, mais cela n’arrive que malheureusement très rarement, surtout dans le contexte actuel», lance-t-il. Les professionnels doivent commencer leur pratique dans les 12 mois suivant leur demande, selon la porte-parole du MSSS.
